Une vie de partage et de création

Après 16 ans d’actions de sensibilisation, Frédérique et Pierrick Bénéteau ont décidé de clore le chapitre de l’association Aurélie, sans pour autant abandonner le combat contre les violences faites aux femmes. Ils nous livrent avec sincérité leur vie faite de rencontres, de partage et de passion.

On ne présente plus Frédérique et Pierrick Bénéteau, parents d’Aurélie, jeune professeure de danse assassinée en 2006 par son ex-compagnon. Depuis ce jour funeste, ils se sont investis corps et âmes dans la lutte contre les violences faites aux femmes. En 2009, un an après le procès, avec le fidèle soutien d’amis et de proches, ils créent l’association Aurélie. Très rapidement, ils sont amenés à témoigner dans les établissements scolaires, notamment les lycées, les MFR mais aussi les écoles d’aides-soignantes. Ces moments d’échanges et de transmission étaient essentiels pour le couple et leur ont permis d’avancer. « C’était notre force. Et si un jour, un garçon pense à nous avant de lever la main, pour nous, c’est déjà une victoire. »

Sous l’égide de l’association, ils se lancent également dans l’organisation de temps forts, principalement le 8 mars (Journée des droits de la femme) et au mois d’octobre, à la date d’anniversaire de leur fille. « En 2009, nous étions les premiers en Vendée à mener ce type d’actions de sensibilisation. » Depuis deux ans, ils organisent, avec le CCAS, une marche le 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Depuis quelques temps, Frédérique éprouvait le besoin de souffler un peu, de lever le pied pour se protéger. « L’ouverture de l’hébergement d’urgence en 2024 par la Ville a été le déclencheur. J’ai eu le sentiment du devoir accompli. » Même s’ils resteront présents et investis aux côtes des structures qui se battent au quotidien, ils ont décidé de fermer l’association Aurélie « pour avoir du temps à nous, même si le combat n’est pas fini ».

La passion de la terre

Passionnés par les arts depuis tout petit, Frédérique et Pierrick vont pouvoir se consacrer à plein temps à cette activité de création au sein de leur société Aubenpoterie, créée en 2012. Fille de l’artiste peintre Henry Simon, Frédérique a débuté la poterie il y a 35 ans, à l’atelier Portus Secor où elle donnait des cours aux enfants. Maintenant sous la houlette de l’association L’Atelier, elle poursuit ses enseignements, toujours dans le même local, auprès de jeunes, d’adultes et de personnes en situation de handicap. Pierrick, quant à lui, s’adonne à sculpture depuis plus de 25 ans. « J’ai toujours aimé modeler et sculpter la terre. Aujourd’hui, je me suis découvert une passion pour la sculpture animalière. » Invité d’honneur du Week-End des Arts en 2021, il dispense également des stages à L’Atelier. Les deux artistes sont très présents sur le territoire, dans le cadre d’expositions ou d’initiations, comme l’émaillage sur faïence au Nid Partagé ou au Danube.

Pour eux, les arts sont une véritable thérapie. « Quand on travaille la terre, on ne pense à rien, on ne se rend pas compte du temps qui passe. C’est une vraie richesse, une évasion. La terre et le sport, c’est ce qui nous a sauvés. » Cette richesse, ils comptent bien continuer à la transmettre, car chez Frédérique et Pierrick, le partage est dans leur ADN.

L’Envol – juin 2025

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