Pendant que les uns étaient à pied d’œuvre en Vendée, les autres combattaient un mégafeu en Aquitaine. Récit d’un été qui a laissé des traces…
Avec environ 40 000 hectares brûlés, l’incendie qui a ravagé le nord du bassin d’Arcachon cet été est le plus important recensé en France métropolitaine depuis 1949. Et c’est sans nul doute « celui qui a mobilisé le plus de moyens, qu’ils soient humains ou matériels », dixit le capitaine David Dorn, chef du Centre de secours à Challans. Plus de 3 000 sapeurs-pompiers ont été mobilisés et de nombreuses casernes ont été impactées.
Être sapeur-pompier, c’est sans cesse « anticiper, s’organiser et d’adapter ». Pour autant, les conditions extrêmes et très défavorables de l’incendie de Saumos ont mené la vie dure aux soldats du feu : fortes chaleurs, sautes de feux importantes sans oublier ce phénomène inédit du mégafeu qui génère son propre vent – vent qui par ailleurs changeait fréquemment de direction. La priorité était donc plus que jamais « la sauvegarde des personnes et des biens ».
Six sapeurs-pompiers professionnels et deux sapeurs-pompiers volontaires de Challans ont été réquisitionnés en Gironde. Un véhicule de type 4×4 et un camion-citerne feux de forêt ont également été mis à disposition. Dans le même temps, Challans récupérait le matériel d’un autre Centre de secours, moins sollicité, pour assurer ses interventions sur le secteur. « Cela ne s’est pas décidé au dernier moment », précise le capitaine Dorn. « Les moyens terrestres, aériens et humains sont décidés en amont dans le cadre d’une stratégie départementale, zonale et nationale annuelles ».
Un été intense
Formateur aux risques chimiques et biologiques, le « boss » de la caserne de Challans a été appelé en Aquitaine en tant qu’officier de liaison au chef d’état-major de zone. Il a ainsi pu apporter toutes ses connaissances et son expérience sur les problématiques de la toxicité des fumées. « Une expérience très enrichissante ».
Le lieutenant Philippe Guilbaud, son adjoint, formateur en feux de forêt, était quant à lui en Gironde pendant cinq jours, en tant que responsable d’un groupe d’intervention. De cette expérience à la fois riche et éreintante, il retient surtout « l’élan de solidarité des habitants, des bénévoles, des grandes surfaces, des agriculteurs : on n’a manqué de rien, tout le monde était aux petits soins avec nous. »
Parallèlement, les neuf sapeurs-pompiers de garde de Challans ont été fortement appelés : au mois de juillet, les incendies dans notre secteur mais aussi les canicules à répétition, éprouvant les organismes, ont engendré une hausse des interventions de +30 % à la caserne. Le chef du centre souligne qu’il a fallu « adapter (les) conditions de travail pour conserver toute la lucidité lors des opérations ».
Si les deux hommes s’accordent à dire que l’équipe tout entière finit la saison estivale « sur les rotules », ils assurent que les différents événements « renforcent la cohésion ». Des événements qui feront naître, ils l’espèrent, quelques vocations…
L’Envol – septembre 2026