Un défi hors norme. Pour « redorer l’image du handicap », Eddy Delplace, 23 ans, a bouclé un « marathon » de 55 km, le 25 mai 2026.
Il y a un peu plus de deux ans, Eddy Delplace fait une chute de son balcon. Le jeune homme adopte alors un fauteuil roulant. Mais à 23 ans, le Challandais veut prouver que les personnes en situation de handicap peuvent faire du sport au même titre que les personnes valides. Il se lance alors le défi de faire un marathon solitaire de 55 km. Un hymne au dépassement de soi. « Le 25 mai au petit matin, je suis parti de l’estacade de Saint-Jean-de-Monts pour y revenir 11 h plus tard, après une boucle passant par Challans. » Les bénéfices de cette opération sont reversés à l’association L’Etoile du Marin, qui se bat pour un petit garçon atteint d’une malformation très rare de la moelle épinière. Quand un projet solitaire devient… solidaire !
Défi personnel, réussite collective
Pour ce projet atypique, Eddy a dû mener une préparation rigoureuse. « C’est beaucoup d’entrainement physique, de renforcement musculaire et surtout une grosse préparation mentale. » Au cours de ses dix mois d’entrainement, il s’est fait accompagner par un coach, un kiné, une diététicienne et un psychologue. « Bien sûr, il a fallu conjuguer cette préparation avec mes rendez-vous médicaux, ma vie professionnelle et ma vie de famille », poursuit-il.
En parallèle, l’«homme à roulettes », comme il se fait appeler sur les réseaux sociaux, anime une page sur Facebook. Il y partage sa réalité et les difficultés rencontrées au quotidien. « En mettant un coup de projecteur sur le handicap, je parle au nom de toutes les personnes en situation de handicap, qu’il s’agisse d’un handicap visible ou non », explique-t-il.
Sensibles aux problématiques d’accessibilité de la voirie et des bâtiments, les élus challandais se sont notamment rapprochés de l’usager qu’est Eddy Delplace pour échanger autour des projets urbains. En matière d’accessibilité, le Challandais regrette « le retard de Challans », car « la ville a évolué plus rapidement que les aménagements ». Trottoirs, stationnement, accès aux bâtiments, les enjeux sont nombreux. « Certains maîtres d’œuvre affirment respecter les normes, mais ont-ils vraiment impliqué des personnes en situation de handicap dans leurs projets ? », questionne-t-il. Une réflexion qui doit profiter aussi aux seniors, aux parents avec poussettes et à bien d’autres…
L’Envol – juin 2026