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Centenaire 1914-1918 : les scolaires rendent hommage aux poilus

Publié le lundi 12 novembre 2018

À l’occasion du centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918, la Ville et ses associations patriotiques organisaient une journée de commémoration avec cérémonie au monument aux morts et concert exceptionnel aux salles Louis-Claude Roux, en présence de l’Orchestre d’Harmonie de Challans, de l’Ensemble vocal Alternance et des choristes et musiciens de la Maison des Arts… soit plus de 200 protagonistes !

Une cérémonie particulière

La cérémonie commémorative a été marquée par la présence d’enfants du Conseil municipal des jeunes mais aussi, pour la première fois, de jeunes collégiens, lycéens et étudiants.

En effet, la Ville avait souhaité associer les établissements scolaires secondaires au projet de commémoration en offrant à leurs élèves un espace de paroles et une forte présence de la jeunesse lors de cet évènement. Les professeurs de français et d’histoire-géographie des établissements ont répondu favorablement au projet. Collégiens (Milcendeau et Saint-Joseph), lycéens (Notre-Dame et Couzinet) et étudiants de la MFR ont lu à haute voix plusieurs textes travaillés en classe, faisant référence et rendant hommage aux hommes ayant vécu la Grande guerre.

Des textes poignants

Les textes prononcés ont abordé plusieurs sujets en lien avec la Première Guerre mondiale, comme par exemple :

  • « Les gueules cassées », ces trois millions d’hommes qui revinrent invalides de la Grande Guerre,
  • « Extraits des carnets du front de Jean-Louis Doucet », un poilu de Sallertaine revenu du front avec ses carnets,
  • « Qui étaient ces hommes tombés sur le champ de bataille ? », pour que ces noms ne soient pas que des noms inscrits sur un monument…
  • « Tout n'est peut-être pas perdu », texte de René ARCOS sur le thème de l’espoir

Zoom : les carnets du front de Jean-Louis-Doucet

Né le 8 mars 1879 à Sallertaine au Pré Gralon, incorporé au 83e Régiment d’Infanterie et mobilisé le 1er août 1914, il part aux armées le 11 septembre 1914 et son carnet relate son parcours au front entre le 15 décembre 1914 et sa démobilisation le 20 février 1919. Il revient à Sallertaine  et décède en 1958 à l’âge de 79 ans. Extraits.

15 décembre 1914

Journée assez belle, quelques coups de canon, la nuit plusieurs coups de fusil. Le 16 temps beau on voit passer plusieurs canons de campagne, nuit belle et froide, gelée blanche le matin, au réveil nous apprenons qu’il doit y avoir une attaque. Elle commence à 7 heures par une forte canonnade  qui se prolonge jusqu’à 11 heures, comme résultat plusieurs touchés parmi nous, et en avons un certain nombre de Blessés et plusieurs morts, la nuit assez belle, canonnade sans relâche du côté de Beaumet . le 18 temps humide, le canon tonne toujours du côté de Beaumetz et au nord du front, le soir temps humide, violente fusillade, vers 10 heures nous faisons notre sac Et nous remontons en haut près aller dans nos tranchés de tir mais pas la peine car le fusil arrête et nous rentrons dans notre cave où nous passons le reste de la nuit sans incident. Le 19 temps toujours humide, nous touchons 3 paquets de tabac par homme, tous les voituriers rentrent dans le rang et sont remplacés par des axillaires du 51 d’artillerie de Nantes. Le 20 nous Sortons de notre tranchée tout mouillé car il tombe de l’eau dedans nous commençons la journée en allant  à la messe, sur les 11 heures la section s’en va au travail j’ai un tunnel pour approcher les tranchées à boches, dans la soirée les boches envoient des boulets jusque sur la caserne  de gendarmerie. Il y a plusieurs tués et blessés, beau soleil toute la journée, la nuit il tombe  de l’eau, le 21 le canon tonne de  Bonne heure, de notre côté les boches en envoie plusieurs dans la même direction qu’hier, journée sombre par moment de la pluie.

27 décembre 1914

Et le 27 décembre au matin les routes sont placées aussi nous partons à 6 heures changer la 68 qui revient de 1ere ligne, nous cantonnons dans une basse cave et dans une petite chambre du ré de chaussée  mais nous avons été obligés de rentrer dans la cave sur les 12 heures à cause des obus qui tombent de tout côtés , dans la 3e section un homme est blessé à l’épaule par un obus qui passe entre  la tranchée sans éclater, le soir le temps est plus calme, la nuit mous couchons sur une paillasse, mais dans la nuit , nous sommes obligés de déménager la nuit car l’eau tombe sur nous, le matin du 28 nous partons dans les tranchées de première ligne et nous avons le plaisir de mouiller tout le jour, la nuit nous avons des ondés et il fait très froid, en arrivant nous nous avons couché jusqu’à 11 heures et l’après midi le temps est assez  Beau mais toujours quelques ondées, la nuit assez belle. Le 30 nous sommes réveillés à 3 heures nous partons à 4 heures par un beau clair de lune, nous commençons à refaire nos tranchées, nous continuons tout le jour, la nuit se passe,  assez froide, sur les 3 heures du matin nous voyons notre artillerie tire sur les ligne allemande, et nous sommes relevés à 6 heures où nous nous rendons dans notre cantonnement après avoir dormis un somme, nous allons chercher la soupe, la soirée de la pluie, les boches tirent plusieurs coups de canon.

1er janvier 1915

Nous partons à l’aube, nous continuons à refaire nos tranchées, il nous envoie plusieurs crapuels, le soir vers 6 heures, ils tirent plusieurs coups de fusils, nous leur répondons  étant aligné pour la nuit, nous seront relevés le matin à 6 heures par la 8e nous  allons Prendre le café en face chez le commandant et nous allons cantonner chez un marchand de chevaux nous touchons nos cadeaux du premier de l’an, chacun une pomme, une orange, des noix, un paquet de tabac, un cigare, une bouteille de champagne à 5 . Le soir je couche dans la tranchée avec le sergent la 87 arrive  ou apercevait quelques bruits,   on écoute,  on croit que c’est les boches qui font un souterrain par dessous nous.  Le 3 nous allons au repos dans les écuries on nous met dans les boxes. A 8 heures on rassemble la compagnie au sujet des blessés qui sont arrivés de la veille il t en a 28 il y en a deux dans mon escouade deux forts gas, ils sont de la Dordogne, toujours des coups de canon et des coups de fusils, le soir je vais au  Génie le 4 nous retournons dans les caves, tout se passe à peu près bien . Le soir nous allons pour aller aux bains mais nous faisons rien car il y a un obus qui as défoncé les conduites d’eau.  Le 5 je reste seul avec les malades  car toute l’escouade s’en va au Genie,  tout le jour ,la nuit forte fusillade du côté du nord  c’est tout. Le 6 au matin journée assez belle mais toujours des coups  de canon, le soir la fusillade recommence encore, il y à un incendie du côté nord.  Le 7 journée assez calme moins de pluie, tout le jour le 7 il tombe de l’eau par ondée, on est obligé d’évacuer les tranchées. Le 9 je vais au Génie il tombe toujours de l’eau. Le 10 c’est dimanche, je vais à la messe, la nuit  Les hommes vont au souterrain on entend toujours le canon, le temps est assez beau. Le 12 tout se passe bien, nous touchons le prêt, les boches tirent toute la soirée. Le 13 je vais au souterrain avec le caporal CROCHET et le sergent BERCEAU, nous tournons avec la pluie sur le dos, la nuit se passe bien, les boches jettent des bombes à terrain dans les tranchées du 136 et en blessent 8 ou 10. Le 14 au matin les nôtres  envoient une forte canonnade qui dure de 6 à 7 heures et se prolonge de temps en temps tout le jour. Le 15 se passe assez calme, le soir nous recevons un détachement de 200 hommes venant de Concarneau  nous en avons 16 dans la compagnie  Dont deux caporaux qui sont versés à la première escouade et l’autre à la 9eme, de ce fait j’ai plus besoin de m’occuper de l’escouade, pourtant que j’en ai fait les fonctions depuis trois mois et ce matin encore j’ai été conduire la corvée du charbon, nous sommes le 16 nous mangeons assez tôt car il y a une corvée qui part pour Rainville, après quelle est partie je me mets à faire une lettre et je suis interrompu par les boches qui nous canardent  et une canonnade pas ordinaire qui dure plus d’une heure

1er Juin 1916

Le temps est froid pour la saison. Les aéroplanes voyagent. L'après midi, les canons tonnent de tous les côtés vers Blangy. Les boches envoient des armes qui font trembler la terre jusqu'à nous. Vers 6 heures une canonnade intense a lieu du côté d’Achicourt. Le soir, on rentre à 8 heures et on va se coucher après avoir mangé la soupe. Le 2 juin,  les boches tirent toujours sur la ville mais la plupart sur Saint Laurent. Le soir on part en première ligne, rien d'extra. On veille toute la nuit. Vers une heure du matin, le 3, une fusillade s'élève dans la direction d’Achicourt suivit par une forte canonnade qui dure proche de 2 heures. Belle journée, les aéroplanes voyagent de tous les côtés. Dans l'après midi, les canons tirent dans le haut de Blangy. C'est effroyable.

6 Juin 1916

Toute la nuit, Le canon tonne et même le fusil dans la direction de Beaumetz. Sur le matin du 7, la canonnade fait rage jusqu'à 10 heures du matin pour diminuer petit à petit. La chaleur est très forte,  le thermomètre monte jusqu'à plus de 50 degrés en plein soleil. En revenant, on trouve tout un tas de travailleurs du 7ième génie,  du 1er et du 7e d’infanterie. La nuit se passe bien. Le 8 au réveil,  on va chercher des fraises et le tantôt on en fait un bon plat  avec du sucre et du vin rouge.

Il fait une chaleur très forte mais dans l'après midi, le temps se met à l'orage et il tombe de l'eau. Le tonnerre gronde et se mêle au bruit du canon qui tonne sans relâche. Le soir on part en première ligne. La nuit se passe bien. Le 9 au matin il y a de la brume mais dans l'après midi il fait de l'orage. La nuit se passe assez bien. Le 10, il tombe de l'eau pendant 3/4 d'heure. Sur les 9h du matin,après la pluie, on part dans l'eau des boyaux toute la journée. Le temps est lourd.